Risque d’immobilisme


Pensées / mercredi, janvier 31st, 2018

J’entends souvent des phrases du genre “Les femmes mentent plus souvent que les hommes.” et beaucoup d’autres généralisations de la sorte. Serait-il possible que ces gens, qui prononcent ses affirmations, se rendent compte de la violence dont font preuve leurs propos ? Une violence douce, certes, mais tout en restant quelque chose de blessant, qui dérange, qui me fait penser que la société n’a pas encore fini d’évoluer positivement. Vous me traiterez sans doute d’humaniste utopiste, mais la société peut-elle se transformer si on ne place pas la barre de nos espérances un peu plus haut ?

J’ai déjà entendu des personnes expliquant leurs propos de la sorte : “Biologiquement, les femmes sont plus faibles que les hommes, il est donc logique qu’elles aient développé le sens de la manipulation mieux que les hommes.”. Seulement, ces phrases essentialistes résonnent dans mon esprit avec une violence absolue. Je ne doute pas du poids des normes et des codes d’une société à un moment donné de l’Histoire. On peut aisément imaginer qu’il est difficile d’aller à l’encontre de son éducation et des expériences qui forgent nos personnalités, nos normes et nos valeurs. Néanmoins, je dirai simplement à ces personnes qui pensent savoir ce qui est bien ou mal, ce qui est sain ou malsain, ce qui est normal ou anormal, ce qui est naturel ou non, que nos opinions ne devraient jamais être des certitudes. Et qu’il serait utile au Monde qu’elles aillent toujours dans le sens de l’égalité.

La vie est une éternelle source d’expériences et d’apprentissages qui peut, du jour au lendemain, transformer une personne et détruite ses certitudes. Partant de ce postulat, il devient inutile d’asseoir son opinion comme s’il s’agissait d’un jugement objectif et véritable. Même si l’on réalisait un sondage de tous les habitants de la Terre et qu’on se rendait compte, par pur hasard, que 51 % des femmes de la planète étaient effectivement douées pour le mensonge contre 42 % de la population masculine, pourrait-on en déduire que c’est naturel ou biologique ? Et que le sexe de la personne entre réellement en compte ? La réponse est, bien évidemment, non ! Cela ne pourrait-il dépendre de l’éducation et de l’environnement social et culturel avant tout ?

On pourrait réaliser des années et des années de recherches, écrire des études entières allant dans ce sens, avoir des preuves dites scientifiques, la réponse serait toujours non. L’être humain a la fâcheuse tendance de croire qu’il peut tout expliquer, qu’il y a des règles strictes qui définissent notre société. Il y a certes des règles morales et des lois humaines qui définissent ce qui est bien ou mal, néanmoins celles-ci peuvent changer et tendre toujours plus vers un bien-être commun. Il y a des lois physiques de l’univers, oui, il y a des règles qui définissent la biologie et la chimie de notre monde et de l’être humain, oui. Jusqu’à ce qu’on en découvre davantage, jusqu’à ce qu’on remette tout en question pour comprendre mieux, en prenant comme base le savoir qu’on a déjà accumulé. Le principe même de la science. Alors pourquoi les normes et les valeurs des sociétés ne devraient pas être étudiées avec la même méthode ? Nos opinions seraient des pensées subjectives jusqu’à ce qu’on écoute, ce qu’on comprenne et intériorise celles des autres, cherchant à se diriger toujours plus vers l’objectivité. S’avouer que, vu qu’on ne sait rien, l’important est de tendre vers le respect et l’égalité. Quand l’échange verbal est perçu comme un moyen d’en apprendre plus, un moyen de revoir ses perceptions, de se poser des questions et d’évoluer, alors on comprend l’intérêt commun de la communication et du débat.

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