Patti Cake$, les rêves d’une Amérique brisée


Audiovisuel / lundi, septembre 11th, 2017

The American Dream. Cette expression fait référence à un concept bien connu de tous mais dont on peut se demander s’il existe encore. Partir de rien pour arriver au sommet grâce au dur labeur, c’est le rêve que l’on fait miroiter à une jeunesse américaine aujourd’hui désenchantée et acculée par la misère. Patti Cake$ est une fresque magnifique, illustrant très justement cette jeunesse américaine à qui il ne reste plus que les rêves.

Patricia Dombrowski alias Killa P

Patricia Dombrowski est une jeune femme de 23 ans qui vit dans le New Jersey. De son quartier rongé par la misère, elle aperçoit les hautes tours de New York, capitale du succès. Très douée pour l’écriture, poétesse et slameuse à ses heures perdues, elle n’a qu’un rêve, une obsession : se faire une place dans le monde du rap. Mais entre sa mère alcoolique, Barb, une chanteuse qui a raté son moment de gloire, sa grand-mère malade, Nana, dont les soins coûtent toujours plus chers, et ses petits boulots, Patti a du mal à survivre. Encore plus à trouver du temps pour donner corps à sa passion. Être une jeune femme blanche et forte n’est pas non plus un avantage pour démarrer dans le monde du rap. Alors elle se prend à rêver. Dans ses fantaisies, sous le nom de Killa P, elle côtoie les plus grands, dont OZ, son dieu du rap.
Un jour, sur le parking d’une pizzeria, la jeune femme est publiquement humiliée au cours d’un battle improvisé. Poussée par son ami Jehri, qui partage sa passion et la soutient envers et contre tout, Patricia se sert de ses vers pour défendre son honneur. Les deux amis vont dès lors tout mettre en œuvre pour enregistrer quelques morceaux. Sur leur route il croiseront le chemin de Basterd, un musicien mutique et asocial qui se sert de sa musique pour « réveiller les moutons ». Ensemble guidés par leurs passions et leurs rêves, les membres de ce groupe improbable tenteront de trouver leur place dans le monde de la musique et plus simplement dans la vie.

Patti Cake$ tombe le masque

Humour complètement décalé et personnages extrêmement attachants et originaux, c’est la recette magique de ce drame très bien mis en scène par Geremy Jasper. Si ce film dépeint une Amérique brisée dont les espoirs sont forcés de passer après les créances, il envoie tout de même un message positif qui encourage cette jeunesse sacrifiée à poursuivre ses rêves malgré tout.
Patti Cake$ se veut aussi un film engagé portant des valeurs du féminisme et critiquant la société américaine. C’est également le premier long métrage de son réalisateur, un autodidacte qui s’était jusqu’alors consacré à la réalisation de publicités et de clips vidéo. Comme son héroïne, Geremy Jasper pensait finir sa vie dans un emploi alimentaire. Ces expériences qu’il a lui-même vécues expliquent peut-être le réalisme de cette représentation de la misère que l’on retrouve dans son film.
Patti Cake$ s’est fait remarqué au Festival de Cannes en clôturant la Quinzaine des réalisateurs. Il a reçu différentes récompenses comme le Futurewave Youth Jury Award du meilleur film du Festival international du film de Seattle en 2017.

C’est sans attente particulière que je suis allée voir ce film qui se révèle au final être une agréable surprise. Loin d’être déprimante, cette œuvre met en scène une histoire touchante. Réaliste, Patti Cake$ a aussi son lot de merveilleux, de rêves, et nous laisse au final un souvenir joyeux bien singulier.

Informations
Patti Cake$
2017 – 1 h 48 min
Acteurs principaux : Danielle Macdonald, Bridget Everett, Siddharth Dhananjay, Mamoudou Athie
Réalisateur : Geremy Jasper
Nationalité : États-Unis

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