Minimalisme, une philosophie du non-avoir ?


Pensées / samedi, octobre 26th, 2019
Malgré le titre un peu pompeux de cet article, il ne s’agit pas ici de faire un essai philosophique sur le minimalisme mais juste de donner un point de vue, le mien, sur ce que je pense être la plus belle philosophie, et la plus adaptée à l’être humain moderne. Car d’elle peut découler d’autres idées qui me sont chères : l’égalitarisme, l’humanisme, le socialisme, l’écologisme, et tout simplement la recherche la plus simple et la plus pure du bonheur ! Sans possession à outrance, sans propriété privée et sans système de vente privée, aurions-nous à souffrir du capitalisme, du libéralisme destructeur et de la lutte des classes ? Par extension, si le monde entier se retrouvait à égalité face à l’environnement dans lequel il vit et en prenait soin, si nous utilisions que ce dont nous avions besoin, nous n’en serions pas là actuellement… Philosophie du dimanche, bonjour ! Néanmoins, je ne me mens pas à moi-même, je sais bien que je fais partie intégrante de ce système dés ma plus tendre enfance, j’ai consommé comme les autres, dans un monde qui était le mien jusqu’à ce que je me pose les bonnes questions. Je ne pourrai jamais tout changer par moi-même mais je peux toujours essayer de faire mieux, de jour en jour, encore et encore. Même quand je fais une erreur et que j’ai le malheur d’acheter un « truc de merde », peut-être marrant mais très certainement inutile, au supermarché, je me promets de plus le faire la prochaine fois, de refaire attention jusqu’à ce que cela devienne une habitude et que cela forge une certaine discipline. Que je pourrais, peut-être, briser lorsque l’envie me démange réellement ! Petit conseil : si l’envie d’acheter quelque chose perdure sur plus de trois mois, c’est certainement qu’il est temps de vous faire un peu plaisir ! Il s’agit de prendre une décision après quelques renseignements sur l’objet de vos désirs et de peser le pour et contre de cet achat. Comment a-t-il été fabriqué ? Dans quelles conditions ? Par qui ? À qui et à quoi profite l’argent de cette vente ? Qui a pu être exploité de manière injuste ou inhumaine pendant le processus de création ? Cet objet est-il réellement utile ? Cet objet va-t-il nous procurer du bonheur quotidien, de la connaissance, de l’amusement constant ou du savoir que nous ne pourrions avoir autrement, de façon plus simple ou que nous n’avons pas déjà en réalité ?

Devenir minimaliste, quelques tips

La première chose à faire est de faire le tri dans ce qui est utile ou non, pour garder uniquement l’utile et les objets qui ont un symbole émotionnel positif à nos yeux. Ainsi, on peut également éviter les bijoux, les livres ou les cadeaux de notre ancienne vie et notre ancienne nous que nous ne sommes plus et que nous cherchons à dépasser. Donnons ce qui peut l’être (habits, objets en bon état, le surplus qui l’est pour nous mais qui sera peut-être très utile à d’autres, etc.). Jetons le reste, ce qui est cassé, ce qui est trop détérioré. Recyclons ce qui peut l’être. La chose la plus difficile, pour vous et moi issu.e.s d’une société de consommation à outrance et de communication publicitaire (où tout est fait pour nous donner envie) est de ne rien acheter de neuf si nous pouvons l’avoir en faisant du troc, en allant dans des friperies ou dans des associations caritatives. Les grandes marques et entreprises jettent des millions de tonnes d’invendus par année. C’est sans doute la manière la plus efficace pour s’extirper de ce système et de cette consommation excessive néfaste à la planète mais aussi à la façon dont nous percevons nos possessions et la valeur que nous leur accordons. Il sera ainsi plus simple de voir ce dont on a réellement besoin et ce qui est de l’ordre de la pulsion de consommation ou de l’influence de la publicité sur notre manière de consommer. Privilégions également les sacs en tissu pour nos courses, évitons les supermarchés qui donnent l’envie d’acheter des choses inutiles et des produits industriels de mauvaise qualité. Savons-nous réellement ce qu’il y a dans ce que nous mangeons, achetons ? Comment cela a été fait ? Par quels processus, quelles exploitations affreuses, quels arrangements industriels de personnes qui ont oublié que nous n’étions pas que des chiffres ? Évidemment que non. Ne nous mentons pas. En tant qu’individu lambda, nous n’avons que très peu d’emprises sur notre environnement et sur ce qu’on nous propose d’acheter, de faire, et de penser. Alors renseignons-nous sur Internet ou auprès des associations de consommateurs qui sauront quels sont les enseignes et les produits de confiance. Privilégions les produits frais aux marchés bio et locaux, le monde finira bien par suivre ce mouvement ! Si vous avez la motiv’, peut-être qu’avoir son propre potager ou rien que faire pousser quelques plantes aromatiques peut déjà changer la donne ! Malheureusement, après de multiples tentatives, toutes les plantes meurent en ma compagnie, je leur évite donc ce supplice ! Ne jetons pas pour jeter et racheter derrière, juste pour changer de style de vie parce qu’il s’agit d’une nouvelle lubie minimaliste à la mode, ou parce que l’ennui de notre environnement habituel se fait ressentir, parce que nous voulons mieux ou plus comme une publicité I**a, comme on nous fait croire depuis notre plus tendre enfance (si vous aviez la télévision à la maison, ou rien que des magazines, c’est pas gagné, je sais bien !).

Et le bonheur dans tout ça ?

Le minimalisme est avant tout une façon de penser, une philosophie, oserais-je parler d’idéologie ? On pourra la mettre en lien avec la philosophie bouddhique du non-avoir pour atteindre le non-être et donc le Nirvana. À la différence près que le minimaliste pratique le non-avoir pour justement vivre pleinement, avec davantage de sérénité. Qui sait réellement ce qu’il possède dans ses placards poussiéreux ? Moins de possessions signifie aussi moins de prises de têtes inutiles, de temps perdu à chercher, à nettoyer ou à ranger. C’est notre esprit qui doit être riche et bienveillant, pas nos possessions ou notre extérieur. Seul notre intérieur compte vraiment, c’est en prendre soin qui provoque le bonheur. Vous avez un téléphone ou un ordinateur avec une connexion Internet ? Le monde entier est à notre portée, des liens avec la planète entière, des œuvres d’arts de toutes sortes, des cultures et des communautés par milliers. Remplissons-nous de ça. Sortons voir le vrai monde, voyageons le plus loin possible au moins une fois par an pour s’ouvrir à de nouvelles cultures et de nouvelles perceptions du monde, ou simplement promenons-nous en montagnes, en forêt, prenons un week-end dans un lieu inexploré, parlons aux inconnus dans la rue, à nos voisins que nous ne faisons que saluer chaque jour. Réalisons nos rêves et les projets qui nous tiennent tellement à cœur, afin d’éviter toutes formes de regrets plus tard.

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