Et le monde alors ?


Articles / mardi, juillet 18th, 2017

Elle arrive à tout le monde, cette fin de soirée où on n’arrive pas à trouver le sommeil.

On commence alors à cogiter, on regarde un épisode d’une de ses séries fétiches, Star Trek Next Generation dans mon cas, puis deux, puis trois. Toujours rien. Le sommeil ne veut pas pointer le bout de son nez. Après, on a même la flemme d’éteindre l’ordinateur, de se faire une tisane camomille et on regarde le plafond dans l’espoir de tomber de fatigue. On commence à envoyer des messages à ses potes. Et si on changeait de pays les copains/copines ? Et si on allait militer pour changer le monde ? Ou, pourquoi pas, allons vivre dans une ferme en auto-gestion ! On rigole un bon coup pour décompresser et puis rien… On sait bien que ce n’est pas cela qui va changer les choses, le train-train ou les soucis. Partir ? Pour quoi faire ? Pour fuir ? On pense à tout ce qu’on fait mal. Est ce que je n’utilise pas trop d’eau pour mon bain alors que des milliers d’enfants souffrent du manque d’eau dans le monde ? Ô mon dieu ! Je n’aurais pas dû acheter ce produit vaisselle non écologique, je pollue l’environnement ! On se culpabilise aussi de ne pas faire attention à la planète ou à la faim et la misère dans le monde, on culpabilise même de culpabiliser alors qu’on devrait être heureux pourtant pour ceux qui ne le sont pas, on est en France ! Un pays à première vue assez développé pour éviter la famine, la misère, et l’intolérance. Après tout, on a de la chance d’être dans un pays qui respecte la Femme et les communautés LGBT, les différentes cultures, les diverses ethnies et même, de plus en plus, les droits des animaux. Mais ce n’est toujours pas assez ! On réfléchit et on trouve toujours plus de contres-exemples. Le sexisme dans la rue ou au travail, l’indifférence envers ceux qui souffrent, la discrimination, l’intolérance, la maltraitance, les abattoirs, la consommation de masse et toujours plus de souffrance. Alors quoi ? On devient bouddhiste et on lâche prise ? On commence à penser que c’est la loi du karma et que chacun n’a que ce qu’il mérite ? On se dit que les gens sont cons et puis c’est tout ! J’y peux rien, moi, s’il y a des cons partout ! Encore et encore, on voit défiler les mêmes problèmes de l’humanité depuis qu’elle est passée d’Homo Sapiens à… nous. Le monde a-t-il toujours été comme ça ? Des guerres, de la destruction, de la discrimination et de l’irrespect ? Malheureusement oui, c’est le propre de l’Homme dirait-on. On court après le pouvoir, l’argent, la gloire, le respect, on aime voir les yeux des gens briller lorsqu’on parle de nous, on se laisse avoir par la société, ses rêves et ses désirs, par les gens qui rentrent dans le moule. Un petit écart de pensée et on se laisse critiquer, ramener à la “raison” par ceux qui s’adaptent parfaitement au monde actuel. On se met à penser que le système est bien comme il est, qu’on est dans un pays moderne, qui plus est un état social qui prend soin de ses petites brebis, et qu’on peut vivre confortablement ainsi, dans un capitalisme destructeur qui rend toute marginalité inutile et embêtante et ce partout dans le monde. La loi du plus fort… Ah non ! du plus riche.

Mais dites-moi, peut-on seulement vivre confortablement quand on sait pertinemment que ce monde a un sérieux problème ? C’est quoi les droits de l’Homme qu’on nous rabâche depuis l’école primaire si on ne les respecte pas ? C’est quoi cette tolérance que nos parents nous apprennent si on ne respecte pas les femmes ou les gens qui sont différents de nous, tout simplement les autres êtres vivants ? C’est quoi la gentillesse et le partage qu’on nous apprend dès la maternelle si on laisse mourir un SDF devant nous ou si on veut pas accueillir de réfugiés dans son pays ? C’est quoi toutes ces valeurs si on n’est pas capable de les respecter ? Parce que faire semblant de respecter ces valeurs, parce que c’est dans la norme et les jeter à la poubelle à la moindre occasion, ce n’est que de l’hypocrisie au final. Comment peut-on respecter un pays, notre pays, une belle culture, mère de beaucoup d’avancées sociales et philosophiques quand il exploite des territoires et des citoyens d’autres pays ? Quand il est l’un des plus grand producteur d’armes au monde ? Quand sa justice protège les puissants et détruit les plus faibles ? Un pays où l’égalité existe si peu. On se met à rêver au monde si bien décrit par le Capitaine Jean-Luc Picard. Une fédération universaliste pour la paix où l’argent, la misère et la recherche des biens matériels ont depuis longtemps disparu au profit de l’égalité, de la liberté, de la tolérance et de la recherche de l’harmonie. Ou encore à bord de l’Arcadia du Capitaine Harlock, pirate de l’espace, qui oeuvre pour la liberté et l’amitié entre toutes les créatures vivantes de l’univers.

On parvient finalement à cesser ces rêveries, et à croire un peu en notre monde, parce qu’au moins on saisit l’importance des concepts de république, de démocratie et d’humanisme. Les bases de ce qui peut rendre notre monde un peu plus doux. On se rend compte que nous, humains, on évolue lentement mais sûrement. On respecte le monde surtout quand on voit ces gens qui travaillent pour le bien commun, ces médecins, ces infirmier(e)s, ces politiques, ces artistes, ces écrivain(e)s, ces philosophes, ces femmes et ces hommes intelligent(e)s de toutes origines, de toutes classes sociales et de toutes époques qui n’hésitent pas à pousser une gueulante, un cri du cœur, avec les moyens qu’ils ont pour afficher leur tristesse, leur colère envers ces injustices mais aussi leur espoir. Ce sont les militant(e)s d’un monde meilleur, d’une paix sociale ou comme certain(e)s diraient d’une utopie. Et là, on se sent apaisé(e). Le futur n’est donc pas aussi désespéré qu’il n’y paraît ! Merci Jean-Luc !

Syneha aime lire, écrire – des phrases beaucoup trop longues –, voyager, jouer aux jeux vidéo, en particulier les RPG Japonais, et regarder des films asiatiques à gogo, surtout ceux qui donnent des frissons tout partout ! Végétarienne au caractère lunatique qui passe du rire aux larmes bien trop facilement, elle se prend à rêver à des utopies à la Star Trek ou encore une romance à la Pocahontas – au détour de la rivière sous un saule pleureur-mamie gâteaux.

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