April – L’Emprise #2


Plumes / mardi, août 17th, 2021

Pour un public très averti

Cet écrit contient des scènes de sexualité. Si tu as moins de 18 ans, ce texte n’est pas pour toi 🙃
Je t'aimerai toujours, ma supernova. Jusqu'à ce que tous les arbres se flétrissent et que toutes les fleurs se fanent. Jusqu'à ce moment où les étoiles s'éteindront et que l'univers se glacera. Jusqu'à ce que les soleils explosent et que les planètes disparaissent en poussière. Jusqu'au jour où la lune te montrera son autre face et que les océans s’assécheront. Et jusqu'à ce qu'il me reste la conscience nécessaire à mon amour et que je ne puisse plus chuchoter ton nom lorsque je pense à toi. Et je continuerai à t'adorer bien après que mon cœur ne batte une toute dernière fois. Ainsi mon esprit ne s'éteindra jamais avant que nous soyons réuni·e·s main dans la main, corps contre corps, lèvres contre lèvres. Et lorsque nos âmes se seront mélangées, alors peut-être je cesserai de t'aimer... 

April glissait ses doigts fins sur le bout du papier sur lequel elle venait de déposer ses sentiments. S’il lui était difficile de s’exprimer à haute voix, écrire lui était d’une grande simplicité. Assise à son bureau, et éclairée par la lumière bleutée de son ordinateur portable, elle avait déposé sa tête douloureuse sur sa paume et tapait de l’index et du majeur la table en bois. Elle se perdit ainsi dans ses pensées fantasques, transportée par le tic tac que produisait ses ongles vernis d’un rouge vif sur son plan de travail. Elle n’arrivait ni à dormir ni à étudier. Le souvenir de l’après-midi de la veille la hantait. April ressentait plus que de l’attirance pour Yuri et avait enfin compris ce qu’était la passion. Elle n’arrivait pas à penser à autre chose qu’au visage crispé de son amant avant son ultime jouissance. Elle le voulait. Maintenant, demain, tout de suite et plus tard. Elle s’imaginait qu’il débarque ici pour se diriger passionnément vers elle, lui glisser une main déterminée dans ses cheveux tandis que sa langue se glisserait entre ses lèvres. April voulait qu’il la déshabille maladroitement après avoir constaté son excitation en effleurant à peine sa culotte en dentelle noire, ouverte au niveau de sa vulve. Puis, qu’il la retourne et la plaque contre son petit bureau marron. Prises par cette fantaisie érotique, les mains de la jeune femme feraient tomber au sol son pot de crayons, sa souris sans fil, et même son laptop dans un fracas étourdissant accompagné de gémissements précipités. April lui ordonnerait alors de la pénétrer sans plus attendre. Yuri s’exécuterait donc et sortirait du tiroir, un objet qu’elle ne connaissait que trop bien. Il s’agissait de son phallus de silicone qu’il lui avait offert lors de leur première rencontre. Si mouillée qu’il ne serait pas nécessaire d’utiliser le lubrifiant à base d’eau et aux senteurs florales qu’elle utilisait avec ses autres clients, April ajouterait à son intention : « Avec ça, tu auras le droit d’entrer à l’intérieur, mais ton pénis doit rester à sa place ». Yuri banderait immédiatement à l’écoute de ces provocations et placerait l’outil de plaisir contre ses testicules de façon à pouvoir l’enfoncer à l’entrée de sa vulve crémeuse. L’homme prendrait l’objet en mains pour faciliter son entrée et en profiterait pour récupérer un peu de fluide transparent qui s’écoulerait le long des cuisses de sa partenaire. La jeune femme sentirait alors à la fois le début de son vagin se décontracter et le phallus de Yuri glisser sur la fente de ses fesses. Elle se lancerait alors dans une série de supplications polissonnes et charmeuses pour qu’il continue sur sa lancée et atteigne le fond de sa cavité. La main droite de son amant agripperait alors sa hanche tandis que la deuxième viendrait malaxer ses petits seins, en les tartinant du lubrifiant naturel produit par sa partenaire, en pinçant les pointes et les tournant doucement dans tous les sens. April s’imaginait alors hurler des jurons désespérés tandis que le va-et-vient de l’objet et du phallus s’intensifieraient. Elle se mettrait alors à caresser son clitoris pendant que le salaryman sentirait ses testicules se durcir. Il éjaculerait sans trop tarder contre ses fesses tout en tirant presque douloureusement sur les mamelons de son amante. L’étudiante jouirait à son tour, espérant secrètement que l’homme ait pu lire la feuille coincée sous sa main transpirante étalée, contenant le poème si plein d’émotions qu’elle lui destinait…

April le savait maintenant. Elle souhaitait qu’il jouisse au même moment qu’il apprendrait les sentiments qu’elle entretenait à son égard. Cette dernière ignorait si le jeu s’arrêterait à cause de ça. Amour et sexe font assurément bon ménage, pensa-t-elle en sortant de son fantasme imaginaire pour du concret. Elle alluma sa caméra et la fixa quelques secondes avant de glisser un doigt dans son décolleté. Habituellement, cette prestation était facturée 150 € – il fallait bien avoir de quoi manger, de se loger et de quoi payer les livres demandés pour ses études – mais là, il ne s’agissait ni d’argent ni de chantage. April voulait offrir un cadeau. Des images qu’il ne serait pas prêt d’oublier. Une scène érotique qui le hanterait jour et nuit, au travail, dans son lit, lorsqu’il approcherait de l’eau ou de la nourriture de sa bouche, sous la douche et dans le métro jusqu’à ce qu’il soit trop en manque d’elle et qu’il débarque dans sa petite chambre d’étudiante – dont lui seul avait l’adresse – pour lui faire l’amour.

April souriait à l’écran pendant qu’elle déboutonna doucement son chemisier rougeâtre. Elle déposa sa main gauche sur l’un de ses sein et commença à le caresser doucement. Son index vint passer sur ses lèvres et entra tout entier dans sa bouche afin d’en ressortir légèrement humide. L’étudiante le déposa alors sur la pointe de son sein, et le tourna autour durant quelques secondes. Elle lâchait de petits gémissements de plus en plus envoûtants et des soupirs si lascifs qu’elle pouvait déjà imaginer son amant avoir la mimique qu’elle lui connaissait bien, tout en continuant à se caresser devant son ordinateur.

« Tu aimerais… être celui qui… me touche, murmura April à son intention. Mais… tu n’en as pas le droit. Il n’y a que moi… qui peut… faire ça… »


La jeune femme se releva alors sensuellement et se mit à genoux sur sa chaise. D’un geste terriblement lent, la tirette de sa jupe s’ouvrit peu à peu jusqu’à ce que l’habit tombe au sol et se retrouve hors champ. La caméra fut réajustée par sa propriétaire et abaissée pour un spectacle davantage lubrique. Cette lingerie érotique spécialement achetée pour l’occasion lui parut soudainement être un très bon investissement. Son majeur vint se poser devant la caméra à la manière d’un fuck, suivi d’un petit rire d’April, pour finalement s’introduire à l’intérieur de son vagin, à travers l’ouverture de cette dentelle prévue à cet effet, pour trois petits va-et-vient. Ce dernier se contracta légèrement et le doigt en ressortit couvert de cyprine suffisamment visqueuse pour qu’April l’utilise contre son clitoris. Elle se mit alors à le caresser. D’abord en le coinçant entre deux doigts, en ciseaux, puis en les utilisant pour le presser. La femme colla ensuite son index et son majeur l’un contre l’autre et les déposa sur le dessus de son clitoris avant de réaliser de petits mouvements circulaires qui la firent gémir de plus belle. Elle ouvrit alors son tiroir – il fallait bien qu’elle provoque sa vision et motive Yuri à suivre inconsciemment ses directives – et attrapa son objet de plaisir pour le ventouser à la chaise. Après s’être assurée qu’il était bien attaché, April se frotta dessus, déposant ainsi son fluide le long de l’objet.

« Yuri… regarde ce que tu ne pourras… jamais… faire », s’exclama-t-elle d’une voix mi-sérieuse mi-aguichante.

Elle l’encercla d’une main pour le tenir bien droit tandis que l’autre était encore occupée à préparer son orgasme clitoridien. L’outil passa difficilement par l’ouverture dans la dentelle, et provoqua ainsi un déchirement qui excita April, puis entra très doucement à l’entrée de sa vulve avant de se frayer patiemment un chemin contre les parois vaginales encore tendues de la jeune femme. Elle hurla une première fois, puis s’arrêta quelques secondes et revint en arrière. Une seconde fois, elle cria mais, cette fois-ci, ce fut la contraction volontaire qu’elle exerça sur son vagin qui la fit quasiment jouir. La jeune femme continua alors de s’abaisser, faisant entrer encore plus profondément le plaisant objet en elle. Elle atteint finalement la limite et s’y arrêta une ou deux minutes, tournant délicatement son bassin en écliptique parfaite. Elle posa un pied au sol et se lança dans une ondulation de sursauts de plus en plus frénétiques. Ce geste de va-et-vient répété agrandit légèrement le diamètre de son vagin et elle put alors repousser d’un cran la limite de chair qu’elle avait cru pourtant infranchissable. Sa mouille dégoulinait sur sa chaise et elle n’hésita pas à décrire cette anecdote à l’écran, pensant ainsi rendre fou son amant. Ses seins rebondissaient et lui parurent soudainement plus lourds qu’à l’accoutumée. Ses tétons durcis la faisaient souffrir d’une douleur de passion lorsqu’elle se mit à jouir.

« Rejoins-moi… ce week-end… Ici même. Pour régler ça », conclut-elle essoufflée avant de remettre la caméra sur son visage rosé par l’action et lui lancer l’un de ses sourires ravageurs. April ignorait quand Yuri allait voir cet enregistrement mais elle était sûre et certaine d’une seule chose : une passion dévorante allait le grignoter de l’intérieur jusqu’à ce qu’il puisse la concrétiser. Elle l’attendait.

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