Aomori nebuta matsuri, le festival des lanternes d’Aomori


Cultures et sociétés / vendredi, septembre 1st, 2017

Tous les ans, dans la ville d’Aomori, se déroule le Aomori nebuta matsuri. Au début du mois d’août, des millions de touristes se déplacent pour venir admirer les lanternes spectaculaires de ce festival et prendre part à la parade.

Les nebuta

Aomori est une ville située au nord de l’île d’Honshu, l’île principale de l’archipel japonais. Si elle est notamment connue pour être l’une des villes les plus enneigées du Japon en hiver, c’est avant tout son festival, vieux de 300 ans, qui fait sa renommée. En effet, tous les ans, des spécialistes s’attellent à la lourde tâche de la création des nebuta : on les appelle les nebutashi. Les nebuta, ces immenses lanternes pouvant mesurer jusqu’à 9 m de haut et 5 m de large, représentent des scènes historiques, des créatures mythologiques – comme les oni – ou parfois même des éléments de la pop-culture.
Leur construction est complexe : composées d’une structure en bois, de fils de fer et de lampes – autrefois il s’agissait de bougies, elles ont été remplacées par des LED – les nebuta sont recouvertes d’un papier spécial et peintes à la main par des artistes passionnés. Parfois, jusqu’à quarante personnes participent à leur création. Les nebuta sont exhibées lors de parades qui ont lieu durant la première semaine d’août.

Les nebuta sont exhibées lors de parades.

Les haneto et leur haneto yukata

Aux nebuta s’ajoutent la musique et les danseurs appelés les haneto. Tout ce cortège forme le Aomori nebuta matsuri. Ce qui rend ce festival si spécial – outre ses gigantesques lanternes – c’est que tout le monde sans exception peut prendre part aux festivités. Du moment que vous portez un haneto yukata, vous pouvez vous joindre à la parade et danser la danse des haneto. Ce costume très festif est constitué de vêtements féminins, de clochettes et d’un hanagasa – un chapeau particulièrement coloré. On rapporte que son origine pourrait se trouver dans les costumes onnagata, portés autrefois par les acteurs du théâtre kabuki lorsqu’ils interprétaient des femmes. Quant à la danse, elle est simple et ne nécessite pas de compétence particulière. Sur le son des flûtes et des taiko les participants se déchaînent. Ils laissent aller toutes leurs émotions et scandent « Rassera, rassera ! », une expression aux origines et à la signification floues.

Les participants portent un haneto yukata.

Du nemuri nagashi au Aomori nebuta matsuri

L’histoire du festival des nebuta remonte aux environs des années 1600, durant la période Edo. Elle prendrait racine – même si les avis divergent à ce sujet – dans les festivités du nemuri nagashi. Cette ancienne célébration avait lieu en été durant la période de la fête des étoiles tanataba ou de l’o-bon, avant les récoltes automnales. Elle était censée éloigner les mauvais esprits, empêcher les catastrophes naturelles et autres désastres, apporter de bonnes récoltes et faire disparaître la fatigue. Pour ce faire, les habitants déposaient de petites lanternes sur le cours d’eau qui accompagnaient leurs prières. De nos jours un événement du matsuri rappelle cette célébration. Le dernier jour des festivités, les nebuta sont transportées sur des bateaux et défilent sur l’eau vers l’océan rappelant ainsi ses origines prises dans la tradition du nemuri nagashi.
Enfin, contrairement à d’autres festivals, Aomori nebuta matsuri n’est pas une fête organisée par les institutions religieuses bouddhiques ou shintoïques. Elle s’inscrit dans des traditions populaires qui se transmettent de génération en génération et sont organisées par les habitants. C’est pour cette raison que, contrairement à d’autres matsuri, n’importe qui peut participer à son organisation et son déroulement.
Il existe un musée dédié aux nebuta et au festival dans la ville d’Aomori, le Nebuta Museum Wa Rasse.

Et vous, entrerez-vous dans la danse ?

Passionnée d’écriture, de littérature, de contes et légendes, d’ésotérisme, de danse, de fantastique, de cultures étrangères, de féminisme… Azura est une rêveuse engagée aux centres d’intérêt multiples. Elle est aussi autrice, éditrice, traductrice et co-fondatrice de Plume & Ritournelle !

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