10 citations féministes qui motivent ♀️


Bric à brac, Top 10 / lundi, mai 31st, 2021

Et si nos pensées étaient en réalité tournées vers l’autodestruction ? Si une partie de notre cerveau était entièrement sollicitée pour rejeter les solutions harmonieuses ainsi que les compromis. Si ce petit réseau neuronal surchauffait en permanence pour imposer sa propre vision du monde à son semblable ? Et si dans la course effrénée des courants synaptiques, on se battait pour trouver les moyens les plus douloureux et les plus pitoyables de vivre en communauté ?

La science part souvent du principe que l’être humain est bon de nature, l’homo gentillus comme on l’appelle, mais ne serait-ce pas par pur égoïsme et autosatisfaction qu’on élève des enfants, qu’on entretient de l’affection pour nos proches et qu’on se montre souriant·e au travail ?

Après tout, à grande échelle, nous laissons mourir des milliers de personnes chaque jour, de maladies qui pourraient être guérissables à cause d’un système de santé capitaliste et cupide, de fatigue et d’épuisement par la faute d’une logique libéraliste, de pollution et d’un réchauffement climatique instigués par un capitalisme destructeur que nous avons inventé. Nous laissons des femmes, des enfants, des exilé·e·s, des exploité·e·s s’éteindre sous les coups d’une violence réelle ou symbolique, découlant de la multitude de systèmes injustes et égalitaires que nous avons inventés, comme si cela nous était normal en tant qu’espèce. Patriarcat, culture de viol, culture de l’impunité, harcèlement scolaire et professionnel, idéologies fanatiques et meurtrières, racisme, sexisme, discriminations en tout genre, mépris de classes sociales et économiques. Tout ça se montre tristement habituel dans nos petites perceptions désuètes. Une indifférence presque trop familière, trop commune. Le quotidien, en somme. Et si finalement, l’humanité ne valait pas le coup d’être sauvée ?

Voilà, ma pensée un dimanche soir aux plus profondes heures de la nuit. J’ouvre la fenêtre, laisse entrer les senteurs du printemps, et la fraîcheur des étoiles…

On se remotive, ma belle ! Il y a bien des choses que tu peux améliorer dans ce monde injuste qui te semble parfois si cruel. J’ouvre Instagram, me dope aux memes féministes, puis je m’indigne sur le dernier scandale en cours, m’abonne au #iwanttobreastfree, et poursuis des débats interminables avec des essentialistes et conservateurs convaincus (et oui, j’utilise le masculin pluriel car, pour l’instant, il ne s’agit quasiment que d’hommes blancs incapables d’écouter les souffrances et les revendications d’autres catégories de genre, sociales et culturelles). Allez ! J’entrouvre mon livre de chevet, Sorcières, Salopes et Féministes de Kristen J. Sollée, je le feuillette doucement… Je m’arrête, lève les yeux pour réfléchir. Une idée me vient soudainement à l’esprit, mes neurones frétillent. Et si je me faisais un petit top des citations féministes qui me donneront le courage d’affronter ce patriarcat et ce sexisme systémiques une journée de plus ?

1. Les hommes et les femmes devraient avoir tou·te·s deux le droit d’être sensibles. Les hommes et les femmes devraient avoir tou·te·s deux le droit d’être fort·e·s. Il est temps de considérer le genre comme un spectre et non plus comme deux idéaux opposés.

Emma Watson

2. La sorcière incarne la femme affranchie de toutes les dominations, de toutes les limitations : elle est un idéal vers lequel tendre, elle montre la voie.

Mona Chollet

3. Il reste que, face aux femmes volontairement sans descendance, on brandit toujours cette menace : « Un jour, tu le regretteras ! » Cela traduit un raisonnement très étrange. Peut-on se forcer à faire quelque chose qu’on n’a aucune envie de faire uniquement pour prévenir un hypothétique regret situé dans un avenir lointain ? Cet argument ramène les personnes concernées précisément à la logique que nombre d’entre elles cherchent à fuir, cette logique de prévoyance à laquelle incite la présence d’un enfant et qui peut dévorer le présent dans l’espoir d’assurer l’avenir : prendre un crédit, se tuer au travail, se soucier du patrimoine qu’on lui léguera, de la façon dont on paiera ses études…

Mona Chollet

4. Aujourd’hui, l’indépendance des femmes, même quand elle est possible juridiquement et matériellement, continue de susciter un scepticisme général. Leur lien avec un homme et des enfants, vécu sur le mode du don de soi, reste considéré comme le cœur de leur identité. La façon dont les filles sont élevées et socialisées leur apprend à redouter la solitude et laisse leurs facultés d’autonomie largement en friche. Derrière la fameuse figure de la « célibataire à chat », laissée-pour-compte censée être un objet de pitié et de dérision, on distingue l’ombre de la redoutable sorcière d’autrefois, flanquée de son « familier » diabolique.

Mona Chollet

5. Une grande partie du mouvement féministe est de permettre aux autres de faire des choix qu’on a pas réussi à faire nous-même.

Lena Dunham

6. La femme a le droit de monter à l’échafaud ; elle doit avoir également celui de monter à la tribune.

Olympe de Gouges

7. Les femmes ont pendant des siècles servi aux hommes de miroirs, elles possédaient le pouvoir magique et délicieux de réfléchir une image de l’homme deux fois plus grande que nature. Sans ce pouvoir la terre serait probablement encore marécage et jungle.

Virginia Woolf

8. La chose la plus révolutionnaire que l’on puisse faire est de proclamer haut et fort ce qui se passe.

Rosa Luxemburg

9. Le féminisme n’a jamais tué personne. Le machisme tue tous les jours.

Benoîte Groult

10. Parce que l’idéal de la femme blanche, séduisante mais pas pute, bien mariée mais pas effacée, travaillant mais sans trop réussir, pour ne pas écraser son homme, mince mais pas névrosée par la nourriture, restant indéfiniment jeune sans se faire défigurer par les chirurgiens de l’esthétique, maman épanouie mais pas accaparée par les couches et les devoirs d’école, bonne maîtresse de maison mais pas bonniche traditionnelle, cultivée mais moins qu’un homme, cette femme blanche heureuse qu’on nous brandit tout le temps sous le nez, celle à laquelle on devrait faire l’effort de ressembler, à part qu’elle a l’air de beaucoup s’emmerder pour pas grand-chose, de toutes façons je ne l’ai jamais croisée, nulle part. Je crois bien qu’elle n’existe pas.

Virginie Despentes

Je serais toujours reconnaissante envers celles qui se sont battues, qui se battent encore aujourd’hui et qui sont mortes pour défendre mes droits. Grâce à elles, je peux enfin dire devant mon miroir chaque matin :

Je fais ce que je veux de mon corps. Cela ne vous regarde pas !

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